KAK Bekerman

Placement : Le dire c’est bien, l’AFER c’est mieux

Rendement

Pour la dixième année consécutive, les rendements des fonds en euros s’affichent en repli. Ils restent néan­moins les plus attractifs parmi les placements offrant une garantie absolue.

Christophe Soubiran

Dans un contexte de croissance modérée en Europe et d’incertitudes géopolitiques, le placement préféré des épargnants français, l’assurance-vie, ne devrait pas perdre son titre. Et ce, en dépit d’une nouvelle baisse, l’an dernier, des rendements des fonds en euros, qui concentrent l’essentiel des sommes placées, et d’une tentative de remise en cause de la fiscalité.

Après la terrible année de 2012 (- 6,5 milliards d’euros), la collecte nette s’est avérée positive l’an dernier, de l’ordre de 10,7 milliards d’euros. Certes, l’épargne réglementée (Livret A et Livret de développement durable) a fait mieux, drainant une collecte nette globale de 19,1 milliards d’euros. Mais les taux de rémunération des deux livrets réglementés s’établissent au­jourd’hui à un plancher historique, ce qui devrait détourner les épargnants.

D’autant qu’aucun mouvement de défiance à l’égard de l’assurance-vie ne se dessine. « Beaucoup de contrats ont atteint la maturité fiscale de huit ans, note ainsi Cyrille Chartier-Kastler, le président fondateur de Facts & Figures, un cabinet indépendant. Or, dans un contexte de hausse des impôts et de dif­ ficultés financières, les ménages n’hé­sitent plus à faire appel à l’assurance-vie pour palier à certains besoins. Sachant qu’au-delà de huit ans, et en dessous du seuil de 4 600 euros, la sor­tie se fait sans prélèvements fiscaux. » Les retraits proviennent d’ailleurs essentiellement de rachats partiels, et peu de rachats totaux.

Tributaire d’un environnement de taux d’intérêt historiquement bas, la rémunération des fonds en euros d’as­surance-vie a poursuivi son repli l’an dernier, mais à un rythme moindre. Les rendements ont atteint en moyenne en 2013, selon les premières estima­tions de la FFSA, 2,8%. Un taux qui demeure supérieur aux autres place­ments garantissant le capital comme le Livret A ou le Livret de développement durable (LDD), et qui reste intéressant au regard de l’inflation observée sur la période (0,9%). Ce taux moyen cache des performances étonnamment dis­parates, avec des écarts allant de moins de 2% à près de 5%. Mais le gros des fonds oscille entre 2,4 et 3,6%.

L’explication de cette baisse est entendue et tient à la chute des rende­ments obligataires. Les fonds en euros sont majoritairement investis en obli­gations d’Etat et d’entreprises. Or les taux des emprunts souverains ont at­teint des niveaux historiquement bas.

Publié le mercredi 9 avril sur l’OPINION